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  1. Qu’est-ce qui vous a conduit à ce métier d’infirmière et à cette spécialisation dans un service d’urgences ?

Je suis diplômée depuis 2008. J’ai eu envie de faire ce métier dès l’âge de 10 ans. Je me souviens que je disais que je rêvais d’être infirmière car je voulais aider les gens et leur sauver la vie. C’était mes paroles d’enfant. J’ai été confortée dans cette idée lorsqu’un proche de ma famille a été malade. En voyant comment le personnel soignant s’occupait d’elle, j’étais ebahie. Alors quand j’ai eu l’âge de passer le concours suite à l’obtention de mon bac, je ne me suis posée absolument aucune question.

J’exerçais ce métier depuis 4 ans déjà lorsque j’ai décidé d’intégrer un service d’urgences. Je voulais avoir de l’expérience car c’est un service qui me faisait peur. Le fait de travailler dans différents services m’a beaucoup appris. Grâce à ces expériences variées, je me suis sentie un peu plus à l’aise lorsque j’ai démarré aux urgences. Ce que j’aime particulièrement aux urgences, c’est l’inconnu. On ne sait pas à l’avance qui nous allons accueillir ni pour quoi. Aucune journée ne se ressemble.

 

  1. Quelles sont selon vous les qualités indispensables pour mener à bien vos missions ?

Je pense qu’il faut savoir travailler en équipe. Collègues infirmiers, aides soignants et médecins. Il n’y a pas de hiérarchie, mais un vrai travail d’équipe qui permet de rester organisé et efficace. L’entraide est un aspect de ce métier indispensable. Pour travailler dans un service d’urgences, il faut être très organisé et essayer de le rester même dans les situations les plus délicates. Écouter le patient, sa famille. Être rapide et efficace.

 

  1. Quelles sont les spécificités de votre travail ?

Tout d’abord les besoins du patient (change, installation etc..). Ensuite il y a le côté des soins techniques que l’on doit maîtriser. Puis l’aspect théorie, avec les connaissances nécessaires pour prendre correctement le patient en charge dès son arrivée. Mais tout ceci reste un travail d’équipe. Car chacun peut aider l’autre sur tous ces aspects.

 

  1. Quels sont les aspects les plus difficiles de votre métier ?

Ce qui est difficile dans le métier d’infirmière, à mes yeux, c’est de mobiliser toute son énergie tout le temps et avec la même intensité à chaque fois pour être à 100% avec le patient. C’est très prenant. Le métier nous oblige également à nous remettre en question régulièrement. Nous ne travaillons pas avec des machines mais avec des êtres humains, l’aspect relationnel, psychologique, est forcément très fort.

 

  1. L’accueil d’un patient aux urgences est toujours générateur d’un stress majeur pour le malade et ses proches. Comment gérez-vous cette effervescence ? Avez-vous des techniques qui vous permettent d’accompagner le patient, de le rassurer ?

Je pense qu’il est indispensable de ne pas mentir au patient. Lorsque le patient arrive aux urgences, il est tout d’abord accueilli par la secrétaire (en journée) qui fait l’enregistrement. Ensuite le patient est accueilli par l’infirmière d’accueil et d’orientation (IAO). C’est à ce moment là que l’on sait si le patient nécessite d’une prise en charge immédiate ou s’il peut attendre qu’une place se libère pour être installé et pris en charge par le médecin. Le fait d’être rapidement vu par l’IAO est déjà déstressant pour le patient et sa famille. Car la prise en charge commence à ce moment là et les explications données sont précieuses pour la suite.

Il est important à mes yeux de tout expliquer. Chaque soin, chaque examen fait. Expliquer les choses aux patients et à leurs proches, les écouter . Tout ceci fait partie intégrante de notre métier.

Je n’ai pas de technique particulière pour accompagner le patient. Je parlerais plutôt d’amour de ce métier. Cet amour permet d’accompagner au mieux la personne qui en a besoin.

 

  1. Y a-t-il une belle anecdote professionnelle que vous souhaiteriez partager ?

Avant de travailler en service d’urgences, je travaillais en centre de lutte contre le cancer, particulièrement en hématologie secteur stérile (greffes de moelle…). Un jeune patient, la trentaine, était en soins palliatifs. Il s’est marié dans le service, car son état ne lui permettait pas de sortir du service. Nous avons tout préparé, fait un voile de mariée avec une blouse blanche en papier et décoré la chambre du patient pour rendre ce moment bien plus heureux. C’était très émouvant, et incroyablement inoubliable. Le patient nous a remercié, sa famille aussi et sa femme était belle avec son magnifique voile fait maison. Un moment heureux, qui donne tout son sens à ce beau métier.